
Jacob profite de ses Chroniques goulettoises pour raconter son quotidien de restaurateur et crier sa tunisianité.
Le blogging, « c’est un devoir de mémoire », dit-il. « Comme à travers la cuisine je donne une certaine image de la Tunisie, à travers mes écrits, j’essaie également de maintenir vive cette mémoire judéo-tunisienne avec son humour et son auto-dérision….. Je me poste en observateur, j’essaie de prendre du recul par rapport à tout ça et puis j’essaie de réagir aux problèmes de fond, mais de manière assez détachée, sans aucun esprit partisan ni rien » avant d’ajouter : « Je me sens privilégié de pouvoir écrire, de pouvoir communiquer avec les gens et de les respecter, et on devrait tous le faire de la même manière, parce que c’est vrai que c’est un espace (les blogs) d’expression personnel, mais comme tout média de communication, si on n’a pas de vis-à-vis, on n’existe pas...
... pour tous ceux qui connaissent qui aiment ou aimerai connaitre la Goulette. faites comme à la maison, entrez, installez vous on partagera tout sans larme à l'oeil!
Il etait une fois dans la jolie ville de Radès, non loin de Tunis, une masseuse célèbre. Toutes les femmes du village l'adoraient et il ne se passait pas une semaine sans que l'une d'entre elles ne rate la visite au hammam. Sa renommée s'étendait a la ronde à toutes les couches sociales de la société et même des femmes de peu de bien s'endettaient parfois pour aussi avoir droit a ses services.
Les conversations des femmes étaient pleines de louanges pour les talents multiples de leur masseuse préférée et les hommes étaient ravis que leurs femmes trouvent de la joie dans une activité aussi banale. Et tout alla bien dans le joli village ensoleillé de Rades jusqu'au jour terrible où la masseuse, à l'âge de 60 ans, mourut pendant son sommeil.
Toutes les femmes, vieilles et jeunes, s'empressèrent d'aller présenter leurs derniers hommages à cette merveilleuse masseuse et offrirent même de laver son corps pour l'enterrement. Mais là, choc total, il fut révèlé par les employés des pompes funèbres que la masseuse était en fait ......................... un homme!!!
Après le moment initial d'incrédulité totale suivie par une rapide enquête des autorités alertées, il fut confirmé que la masseuse était bien un homme. Le réseau hertzien du téléphone arabe diffusa la nouvelle extraordinaire qui fit le tour du village a grande vitesse.
Les hommes hurlèrent leur dépit d'avoir été trompés et battirent leurs femmes qui, elles, ne se consolant pas d'avoir perdu leur accès à la luxure, crièrent de tous leurs poumons pour accompagner l'âme du défunt.
Et, comme vous pouvez tous imaginer, il s'éleva ce jour là dans tout Rades un immense cri qui résonne encore a mes oreilles! L'expression "Nar el aita fi Rades" est utilisée encore de nos jours pour designer un énorme secret qui finit a un moment par être révèlé.
Avertissement.
Le personnage du Haj Klouf tel qu’il parle ici ne correspond pas du tout à la description du langage qui lui est sied réellement. Dans les épisodes tunisiens. Il est plutôt un personnage très respectueux. Ici je caricature le personnage selon mes délires et le fait ressembler plus à un SCHAY qu’à celui que j’ai connu. Et ceci afin de ne pas ternir son image. NDLR.
Les anciens tunisiens, les vieux de mon âge doivent certainement se souvenir de ces trois personnages des célèbres pièces de l’audio visuelle qui animaient vers les 19 heures les soirées ’ramadanesques’. Je veux nommer le Haj Klhouf, Omi Traki et son fils Sidi Hattab ( dit Marèchal). Trois acteurs immortalisés par leurs sketchs dans laquelle la société tunisienne est dérisionnèe avec bonne enfance. Au pays de la ’chéchiè’.
Haj Klhouf, 70 ans, l’acteur principal, ayant l’âge de la retraite, incarnait ce personnage qui se mêlait de tout. Une ’commère’ au masculin. Son nom était proverbial. (Dire de quelqu’un qu’il est HAJ KLOUF, revient à le qualifier de personne ’qui se mêle de tout’.)
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