La communauté juive du Kef

le-kefSource : Bernard Allali

Si on pense que l'arrivée des Juifs en Tunisie remonte à l'époque carthaginoise ou même avant, on ne sait pas quand les premiers israélites s'installèrent au Kef.
On peut croire cependant que de temps immémorial le Kef a été un "centre de ralliement" pour les Juifs nomades de la Région, appelés Bahûsiyya (de l'hébreu, ba-huts="venus du dehors"), où l'on s'accorde à voir les vestiges de tribus berbères judaïsées avant la conquête arabe, qui ont conservé leur genre de vie jusqu'à une époque toute proche de la nôtre (1). Au début de ce siècle encore, c'est dans la nécropole juive du Kef que les Juifs nomades des environs venaient ensevelir leurs morts. (N. Slouschz, Un voyade d'études juives en Afrique, Paris, 1909, pp. 20-21).

On ne sait rien de la communauté israélite du Kef au Moyen-Age. Leur sort était sans doute celui réservé à tous les dhimmi (non-musulmans) : impôt supplémentaire, interdiction des emplois administratifs, restrictions vestimentaires (interdiction des turbans verts ou blancs, burnous de couleur sombre). Ils s'installèrent dans ce qui deviendra la "Hara el Yahud", le quartier juif.

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Histoire des juifs de Kairouan, judaisme médiéval

kairouanKAIROUAN, centre juif important du IX au XIe siècle.

Kairouan, ville fondée en 670 et devenue capitale des Aghlabides, voit immédiatement s'installer ce qui était sans doute la plus importante communauté du territoire, attirant des migrants de l'Espagne omeyyade, de l'Italie ou de l'empire abbasside. Au plan organisationnel, chaque communauté est placée sous l'autorité d'un conseil de notables dirigé par un chef (nagid), dont celui de Kairouan avait sans doute l'ascendant sur ceux des communautés de plus petite taille, et dispose par le biais des fidèles des ressources nécessaires à la bonne marche des diverses institutions : culte, écoles, tribunal dirigé par le rabbin-juge (dayyan), etc...

Les Juifs font de Kairouan, qui connaît une vive activité intellectuelle en matière d'études religieuses entre les IXe et XIe siècles, le centre juif le plus prospère d'Afrique du Nord sur les plans économiques et culturels Correspondants avec les communautés du pourtour méditerranéen, ils entretiennent des rapports privilégiés avec les académies talmudiques en Babylonie auxquelles ils adressent des responsa aussi bien théologiques que philosophiques et historiques et servent de relais culturel entre elles et les sages d'Espagne.

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La communauté de Djerba, « l’île des kohanim ».

djerbaLa présence juive dans ce pays est très ancienne, et remonterait selon diverses sources aux rois David et Chelomo. Une autre hypothèse ferait des Juifs de Tunisie et, en particulier de ceux de Djerba, des descendants de la tribu de Zevouloun, arrivés sur les côtes tunisiennes il y a de cela entre 2 500 et 3 000 ans, et donc contemporains du Premier Temple. A ce titre, il est intéressant de remarquer qu’une légende locale fait de l’île de Djerba une partie d’Erets Israël qui aurait dérivé vers la Tunisie. En tout cas, ceci a des répercussions halakhiques intéressantes dans la mesure où, fait quasi unique dans la gola, jusqu’à aujourd’hui les habitants de Djerba se comportent comme en Erets Israël et commencent à dire dans la prière quotidienne le texte de la saison des pluies, barekh ‘aleinou, à la place de celui de l’été, barekhenou, dès le 7 ‘hechvan, au lieu d’une période de soixante jours depuis la teqoufa de tichri, comme il est de rigueur à l’extérieur d’Erets Israël.

Cette communauté resta fidèle de tout temps au judaïsme, comme en témoigne le Rambam en 1165, qui mentionna dans une lettre à son fils la profonde dévotion de la communauté de Djerba. Néanmoins, l’étude de la Tora resta au cours des siècles à un niveau relativement limité jusqu’à la fin du XIXe siècle, date à laquelle les Sages djerbiens prennent le pas sur ceux de Tunis, donnant à Djerba la prééminence de la Tora en Tunisie.

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Les Juifs de Nabeul pendant la période coloniale

NabeulLa présence des juifs à Nabeul n'est probablement pas ancienne. Aucun document pour les périodes anciennes et médiévales n'atteste cette présence, quoique El Maliki et Abu El Arab Mohamed Et-Tamimi signalent leur présence pendant la période aghlabide (800- 909) dans l'île de Chérik, c'est-à-dire au Cap Bon.La première indication qui concerne les juifs de Nabeul a été faite par le consul sarde Filippi, qui a signalé l'existence de nombreux juifs parmi une population d'environ douze mille personnes. Pour sa part, Benjamin II s'est contenté de rappeler qu'ils s'adonnaient à l'agriculture. Ce qui prouve encore une fois, que les juifs de Nabeul en particulier et les Juifs tunisiens d'une façon générale pouvaient acquérir des biens immobiliers avant la promulgation du Pacte fondamental en 1857 et qu'il n'a pas fallu attendre ce dernier pour avoir ce droit. Cependant ces indications quoique tardives ne signifient pas que leur installation à Nabeul ne soit pas quelque peu antérieure. Car, selon quelques témoignages oraux, qui pourraient être crédibles, certaines familles juives s'y sont installées dès la première moitié du XVIIe siècle, peut-être quelque peu ultérieurement, pour participer avec les musulmans andalous à la production de la poterie et pour suivre une cure, d'autant plus que la ville de Nabeul est connue pour la pureté de son air.

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